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NY 9/11 911
percevoir...mais du dedans
CRITIQUES

Contrepoint de Oasis New York, la “ville absolue » abordée dans l’atmosphère du matin, de midi, du soir et de la nuit, NY 9/11 911 aborde à travers ses 9 prismes et les 24 flash des Chambres de septembre la ruine des « twin towers » le 11septembre 2001.
Evoquer en poésie une telle actualité nécessitait de prendre et de garder un singulier recul pour faire ce petit livre inspiré à l’auteur par la méditation du « Naufrage du Deutchland » de G.M. HOPKINS.
Catherine Salviat et Michael Lonsdale ont lu ces pages à la radio en 2006, le jour du 5ème anniversaire de l’événement.
Le 911 est le numéro des urgences aux Etats-Unis



THE TOWERS - IMPERFECT TENSE

Around here - it's their shadows we'll miss the most. Dance possessed them: in this district - where New York's first wharves used to be - they were our sun dial. In our memories there is not a single frozen image: in one moment they were so clear - so close - almost familiars - sometimes so far away - haughty and blue - and at other times they seemed to emerge from the clouds. At the break of day - the sun's custom was to make two nests of them - pink candy happiness...
We - New York street people - even if we didn't enter their temples to practice their religion - though it was world-wide - we loved the presence of their hive - the way they defied the storms - refracted the suns and presided over the city's unending insomnia. The "Twins" - inserted themselves into our lives - they were - by nature - these silent goddesses of money - arrayed on the edge of the Atlantic like the tablets of our law - and of - our everyday faith.
Their memory alone is enough to declare and to devine what is and will always be New York - a place where the accessible and the inaccessible become inseparable.
We and the whole planet - without knowing it then - entered into their distress - by breathing their dust - though we knew that we would not share their annihilation.
LES TOURS A L’IMPARFAIT

C’est leur ombre qui nous manquerait le plus ici. La danse les habitait : dans ce quartier - jadis celui des premiers docks de New York - elles nous servaient de cadran solaire.
Leur image dans nos mémoires n’est pas figée : elles devenaient tantôt si nettes - proches - familières presque - tantôt si lointaines - hautaines et bleues et tantôt encore elles paraissaient sortir des nuages.
Au point du jour - le soleil avait l’habitude d’y construire deux nids rose-bonbon-bonheur…
Nous - New-Yorkais de la rue - même si nous ne pratiquions pas dans leurs temples un culte pourtant planétaire - aimions leur présence de ruche - leur manière de défier les orages - de réfracter les soleils et de présider à l’insomnie perpétuelle de la ville.
Insidieuses - les « Twins » se mêlaient à nos vies : elles étaient - par nature - ces déesses silencieuses de l’argent - dressées sur le rebord de l’Atlantique comme les tables de notre loi - de notre foi - la plus quotidienne.
Leur seul souvenir suffit à dire et à prédire ce qu’est et ce que sera toujours New York : ce lieu où l’accessible et l’inaccessible se mêlent de façon inextricable.
Nous sommes entrés avec la planète entière - sans le réaliser alors - dans leur détresse - en respirant leur poussière - en éprouvant toutefois que leur néant ne sera pas le nôtre.